Entendu, un soir, dans la voiture, tard, en rentrant de soirée. Des mots balancés comme on vous balance un verre à la tête. Et qui me parlent à moi, la trentenaire, génération sacrifiée, désillusionnée mais portant toujours optimiste.
Arriver dans le garage, ne pas couper le moteur pour entendre, écouter, jusqu’au bout ces mots crachés, scandés, expulsés. Un sentiment d’urgence qui transpire à devoir les dire. Et puis la fin. Trop vite. Qui laisse sur sa faim. Et l’animateur qui ne dit pas à qui l’on doit ces paroles.
S’endormir sur une phrase retenue, une seule “Emmène-moi revoir juste pour un soir le vert fluo des rizières.”
Se réveiller, googeliser ces rizières… Trouver un nom qui en impose : FAUVE. A coup sûr des fauves indomptables mais qui pourtant, m’ont domptée par leur verve.
Découvrir. Écouter jusqu’à plus soif. En boucle. Partout. Tout le temps. Encore. Nuit et jour. Incessamment. Jouissif. Cathartique. Extatique.
Un nom inspiré des Nuits Fauves de Cyril Collard. De l’affiche qui véhiculait cet imaginaire que Fauve souhaitait mettre en musique.
Jean 30 ans, séropositif, bisexuel rencontre Laura jeune, fraîche, belle et vivante. Entre eux naîtra une passion entre obscurité et solaire…
Mordre à pleines dents, comme un fauve dans sa proie, ces morceaux balancés au compte goutte sur le net. Kané – Saint Anne – Blizzard. Pam Pam Pam, 3 morceaux qui s’encrent directement dans le cerveau. Le retourne. Le pénètre. L’enivre.
Dévorer chaque clip, petit bijoux d’esthétisme. Une écriture au couteau. Des mots précieux déposés au creux de l’oreille… Du “spoken word” que ça s’appelle. Un chanté-parlé sur de la musicalité.
Chercher qui sont ces Fauve(s). Trouver : un collectif où personne ne domine qu’ils se définissent… Un travail à plusieurs mains qui peut réunir jusqu’à 15 personnes même s’ils ne sont que 5 sur scène.Photos, vidéos, textes… Tous participent à l’image du projet.
Les voir en live. La claque.
Là encore, la fin, trop vite. Qu’une envie : les revoir.
Des fauves possédés par la scène.
“Hauts les cœurs ! Hauts les cœurs ! On peut encore se parler, se toucher, se (re)voir…”
M’arrêter là. Ne pas tout dire pour ne pas gâcher le plaisir. Faut pas attendre qu’il soit trop tard, l’EP est sorti le 20 mai 2013.
Fauve fait du bien ≠ Vraiment.
Et dans le monde dans lequel on vit, une claque revigorante et qui donne envie d’aller de l’avant, ça se prend.
Alicia juin 1
Merci pour ce billet. J’ai eu le même chemin, de la découverte, au live. Dingue comme l’écho résonne de la même manière.
Bravo et bonne route!
Alicia
coralie juin 1 — Post Author
Hello Alicia. Merci pour ton commentaire. Je pense que nous sommes plusieurs à avoir chaviré…
En parlant de “route”, leur EP tourne en boucle ds le lecteur de la voiture
A bientôt.
Coralie
Emy juin 4
J’ai connu ce groupe grâce à toi, j’ai ressenti la même chose en l’écoutant même si j’ai quelques années de moins
…. en bref, jolie description !
coralie juin 5 — Post Author
Merci Emy
A bientôt
Coralie
Matthieu décembre 12
Petite mise à jour :
Premier album VIEUX FRÈRES – Partie 1, sortie le 3 février 2014
Merci de m’avoir fait découvrir le groupe
coralie décembre 13 — Post Author
Oui je vais l’ajouter à l’article

De rien, ne loupe pas la tournée en 2014